Quels contrastes sur ces terres du bout du monde.
Tout d'abord, ce qui frappe en sortant de l'aéroport climatise, c'est la chaleur moite. Instantanément on sent la chemise et tous monde les vêtements colles au corps, d'autant plus que nous étions très chargés et très couverts venant de l'hiver de chez nous.
Bien sur tout de suite après c'est la grande joie de retrouver ses enfants, de pouvoir les serrer dans nos bras, plus d'un an a seulement les entendre et les voir sur l'écran de l'ordinateur...
La route de l'aéroport a l'hôtel nous réserve des surprises. La pollution ici ce n'est pas une vue de l'esprit, elle se voit, en plus de se sentir. Le plus effarant c'est la manière dont conduisent les gens ici. Tout au culot et au klaxon, encore une pollution sonore supplémentaire. Les grands taxis ou petits bus appelés « jeepneys » (sans assurance sur l'orthographe) sont les moyens de transport de toute la population. Dans certains coins, ce sont des centaines de ces véhicules qui se fraient un passage entre d'autres similaires ainsi que les motos avec trois passagers, sana casques, et d'autres engins a moteur mobylettes avec un genre de side-car couvert accole sur le cote, souvent très charges, avec un bruit d'enfer a l'intérieur ou on se déplace accroupis assis sur les cotes sans fenêtres. On en a emprunte un dont le chauffeur a un feu rouge a plante un bois dans son réservoir a sa gauche cote portière pour jauger le niveau de carburant restant.
Je n'ai pas fait les sorties dans le monde dans lequel évolue Anne. Sans doute par manque de courage. Il faut s'accrocher. Nous avons faits les marchés dans lesquels Bastien fait ses achats pour les centres des enfants des rues, de poissons, d'œufs, de viande. Ce ne sont pas des bidonvilles mais ça y ressemble, avec en plus les odeurs de poissons et autres effluves dans le marché couvert surchauffé.
Tout à coté, des immeubles modernes avec des publicités hautes de plusieurs étages, et des supermarchés gigantesques a l'Américaine. On est dans un autre monde.
J'écris d'un lieu paradisiaque ou la mer de Chine est plus prés de ma table sur laquelle je tape à la terrasse de notre bungalow, que le fond de mon jardin à Guîtres, avec du sable blanc et des cocotiers, une vraie carte postale grandeur nature, avec un temps de rêve aujourd'hui.
Mais pour arriver la, nous faisons deux heures de route au milieu des villages qui sont implantés le long de ces voies de chaque côté, avec la marmaille grouillante, les animaux, les toiles sur les quelles sèchent les grains de riz en empiétant largement sur la chaussée.
Il faut ensuite faire trois quart d'heure de plus sur des pistes en terre, avec nombreuses ornières qui ralentissent, ponts à passer sans se poser de questions, et virages en tous genres dans la montagne à la végétation luxuriante, pour déboucher dans ce village aux rues (si on peut appeler ça comme ça) perpendiculaires traçant des rectangles égaux, en terre et quelques unes avec des plaques de béton.
Je vais laisser la place à un ou une autre.
Je suis sure aujourd'hui pour l'avoir touché un tout petit peu du doigt qu'il faut une sacre dose de courage à nos enfants pour réaliser leur rêve, ce qu'ils ont choisi de vivre ici encore pour quelques mois qui bien sur nous semblent encore bien longs.
Bon courage pour terminer cette mission.
PADI Didier